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Il n'y a absolument aucune preuve objective que nos enfants soient psychologiquement
ou physiquement affectés par des parents gais ou lesbiens.
Un désir égoïste - La
parenté - Relations instables - Enfants
- Moralité - Structure familiale -
Capacité à élever un enfant - Sexualité
/ famille - Modèles d'identification - Un
droit aux origines
Un désir égoïste
Mythe : Les
couples homosexuels veulent des enfants pour des motifs égoïstes.
Faits : Les couples
homosexuels veulent des enfants pour les mêmes motifs que
les couples hétérosexuels. Parce qu'ils s'aiment,
qu'ils souhaitent fonder une famille, et qu'ils se sentent prêts
à s'engager en couple sur un projet à long terme engageant
leur responsabilité, leur temps, leur énergie, leur
amour et leur don de soi.
Il y a des pays comme la France où existe un principe naturel
du droit à l'enfant pour le couple hétérosexuel
- quel qu'en soit le coût pour la collectivité et la
lourdeur du traitement médical - auquel on oppose, un droit
de l'enfant pour le couple homosexuel, comme si naître dans
un type de famille minoritaire remettait en cause les droits de
l'enfant et par conséquent celui du couple à en avoir.
Qu'en est-il alors du désir d'enfant dans tous les autres
types de familles minoritaires par leurs origines, leurs convictions
religieuses ou leurs constitutions ? Accuse-t-on d'égoïsme
et donc cherche-t-on à culpabiliser tous les couples qui
souhaitent avoir un ou des enfants lorsqu'ils ne correspondent pas
à l'image normalisée, consensuelle de la famille en
Europe ?
Nous nous préoccupons avant toute chose d'assurer à
nos enfants amour, protection, éducation, respect de soi
et des autres et nous laissons à d'autres le soin de justifier
leur désir d'enfants par des motivations altruistes.
La parenté
Mythe : Les lesbiennes et les gais n'ont pas d'enfants.
Faits : On estime
à six à dix millions le nombre d'enfants de parents
gais, lesbiens et bisexuels aux Etats-Unis. Jusqu'à présent,
beaucoup de ces enfants étaient issus d'unions hétérosexuelles.
Les lesbiennes ont un nombre record d'enfants. Des options diverses
sont ouvertes aux parents et futurs parents, y compris la PMA interdite
en France et dans certains autres Etats européens mais pratiquée
notamment en Belgique, aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni. L'homosexualité
et la bisexualité sont parfois un facteur de divorce. Un
enfant d'un couple divorcé peut avoir au moins un parent
homosexuel. Malheureusement, suite à la rupture, le parent
hétérosexuel cherche souvent à acquérir
la pleine garde des enfants.
Relations instables
Mythe : Les gais et les lesbiennes ont des relations instables.
Faits : Les gais et des lesbiennes sont autant en quête d'une relation profonde
et aimante que les hétérosexuels. Un grand nombre de gais et de lesbiennes vivent
des liaisons stables, longues et pleinement satisfaisantes. En fait, si les
unions de couples de même sexe étaient officiellement reconnues par les Etats,
leurs rapports seraient protégés par le mariage.
Enfants
Mythe : Les gais et les
lesbiennes font pression sur les enfants pour leur imposer leur
"style de vie".
Faits : Plus de trente études, comparant les enfants de parents homosexuels
à ceux de parents hétérosexuels, n'ont montré aucune différence significative
en termes d'identité de genre ou d'orientation sexuelle. Ces études ont établi
que les enfants élevés par des gais ou des lesbiennes n'ont pas plus de probabilité
de devenir gai ou lesbienne que d'autres enfants. (Patterson, Charlotte J. 1992).
L'Association Psychologique Américaine et l'Association Psychiatrique
Américaine ont supprimé l'homosexualité du
Manuel Diagnostique et Statistique de Désordres mentaux.
Les enfants de parents gais et lesbiens mènent des vies aussi
saines et productives que les enfants d'individus et de couples
hétérosexuels. Les études ont également
prouvé que les gais et les lesbiennes possèdent des
compétences parentales égales et qu'ils fournissent
un environnement sain et aimant pour leurs enfants. Vu leur expérience
de discrimination, les parents gais et lesbiens peuvent même
faire preuve de plus d'ouverture au sein de leur famille.
Mythe : Les enfants qui sont en contact avec des homosexuels encourent un plus
grand risque de subir des abus sexuels.
Faits : Les statistiques indiquent que dans 90 % des cas d'abus sexuel, l'auteur
est un homme hétérosexuel. L'orientation sexuelle, qu'elle soit hétérosexuelle
ou homosexuelle, est une attraction sexuelle d'un adulte pour d'autres adultes.
La pédophilie, d'autre part, est une attraction sexuelle d'un adulte pour des
enfants. La pédophilie et l'orientation sexuelle sont deux choses distinctes.
Moralité
Mythe : Les enfants élevés par des gais et des lesbiennes seront exposés à
un environnement "immoral".
Faits : La moralité est une question de "bien" et de "mal". La question de moralité
est une question importante. En tant que citoyens, nous devons respecter la
loi (comme "ne volez pas, ne tuez pas ") ou tenter de la modifier (comme le
vote des femmes, la loi sur l avortement, le pacs...). Cependant, la moralité
est une question plus subjective. Souvent, les familles développent une structure
morale basée sur leurs convictions religieuses ou sociales. Parce que la moralité
est basée sur des croyances et des valeurs, elle diffère selon les communautés,
les environnements, les histoires et les expériences. Il s'agit d'une question
philosophique. De même qu'il est peu raisonnable d'affirmer qu'une famille catholique
est moralement supérieure à une famille musulmane, il est peu raisonnable de
dire qu'un parent gai ou lesbien a une moralité inférieure à un parent hétérosexuel.
L'orientation sexuelle ne doit pas être un argument pour refuser le droit à
l'adoption. Si l'on commençait à éliminer tous les parents candidats à l'adoption
dont le comportement peut être considéré immoral par quelqu'un, il ne resterait
plus grand monde. Ce sur quoi nous sommes certainement tous d'accord est que
les enfants sans foyer ni amour ont le droit d'être placés chez des parents
susceptibles de bien remplir cette tâche.
Structure familiale
Mythe : La seule structure
familiale qui convienne à un enfant est un couple marié
composé d'un homme et d'une femme.
Faits : Les enfants
grandissent dans des familles qui peuvent être petites ou
nombreuses. Il y a des familles monoparentales, des familles avec
deux parents et d'autres dirigées par des grands-parents.
Il y a des familles d'accueil, des familles recomposées,
les familles de naissance et les familles de fait. Il y a des familles
avec un enfant, des familles avec dix enfants, des familles sans
parents et des familles éclatées à cause de
l'activité des membres de la famille. Les familles sont interraciales,
multiraciales, intergénérationnelles, homoparentales
et hétéroparentales. La réalité d'aujourd'hui
est que la définition traditionnelle du couple marié
hétérosexuel avec 1.5 enfants est seulement une forme
de famille parmi beaucoup d'autres dans lesquelles les enfants grandissent
et prospèrent. Dire que le couple marié est la seule
structure familiale acceptable pour les enfants est une marque de
mépris à l'égard de toutes les familles qui
ne ressemblent pas à ce schéma. Nous pensons que la
famille "acceptable" pour un enfant est celle dans laquelle il existe
amour, solidarité et soutien entre les membres de la famille.
Il n'y a aucune preuve que nos enfants aient à faire face
à plus de difficultés dans leur socialisation à
l'école que les enfants des parents hétérosexuels.
(Golombok et al. 1983, Vert, R., 1978, 1986.)
Mythe : Les familles
homoparentales ne sont pas de "vraies" familles.
Faits : Les parents
gais et lesbiens préparent le dîner, changent les couches
et prennent le temps de s'occuper de leurs enfants, de les aider
avec leurs devoirs. Ils négocient le temps de TV, conduisent
les enfants à leurs loisirs, se soucient de leur mode de
garde, font le ménage et lisent des histoires quand c'est
l'heure de se coucher. Nous devons faire un effort supplémentaire
pour protéger nos familles en créant des liens reconnus
par la loi pour nous assurer que nos enfants auront les mêmes
droits que les enfants de parents hétérosexuels, que
ceux-ci soient mariés ou pas. Ce qui définit la famille,
c'est plutôt l'amour, le sens de la responsabilité,
l'engagement et le soutien que les adultes offrent à leurs
enfants.
Capacité à élever un enfant
Mythe : Les hommes gais ne peuvent pas élever d'enfants.
Faits : Les résultats d'une étude datant de 1989 indiquent que les pères gais
ont tendance à être plus sensibles aux besoins de leurs enfants que les pères
hétérosexuels. L'étude a également démontré que les pères gais étaient plus
aptes à engager avec leurs enfants des discussions sur les craintes de ces derniers.
Ces conclusions balaient le mythe de l'homme gai incapable d'être parent.
Sexualité
Mythe : Aborder le fait qu'un membre de famille est gai ou lesbienne signifie
qu'il faut parler de sexe.
Faits : En tant
que parents responsables, nous devons aborder la question de la
sexualité avec nos enfants d'une façon appropriée
et respectueuse de leur sensibilité. Nous souhaitons que
nos enfants aient une information exacte sur ce sujet. Cependant,
penser que parler d'un parent lesbien ou gai signifie qu'il faille
automatiquement parler de sexe, est totalement faux. Quand un adulte
parle avec son enfant d'un membre de la famille gai ou lesbienne,
il devrait évoquer des sujets tels que l'amour, l'acceptation,
la diversité et la discrimination. Aborder la question de
la famille homoparentale avec de jeunes enfants signifie parler
de ce qu'ils connaissent le mieux: la famille. Qu'un enfant ne puisse
pas parler de sa famille est une forme de discrimination.
Famille
Mythe : Les enfants de lesbiennes et de gais ne devraient pas parler de leur
famille, cela est plus sûr pour eux.
Faits : Ne pas parler de quelque chose renvoie le message qu'il y a quelque chose
de mal avec cela. Il est important pour le bien-être de nos enfants que les
programmes scolaires incluent une information sur tous les types de famille.
Il est aussi essentiel que les écoles puissent créer un atmosphère émotionnellement
sécurisant pour les enfants de parents homosexuels, affirmant que leur famille
n'est pas rejetée par l'environnement scolaire.
Modèles d'identification
Mythe : Les enfants élevés par un couple de gais ou de lesbiennes n'auront
pas de modèles d'identification appropriés.
Faits : Les enfants trouvent des modèles d'identification dans l'environnement
dans lequel ils évoluent. La plupart des couples homoparentaux s'assurent que
leurs enfants aient un contact continu et positif avec des enseignants, des
grands-parents, des entraîneurs, des tantes et des oncles, des amis et des voisins.
Les modèles d'identification peuvent prendre plusieurs formes. Les recherches
indiquent que nos enfants sont souvent en contact avec plus de personnes du
sexe opposé que beaucoup d'enfants de parents hétérosexuels, et même quand ce
n'est pas le cas, il n'y a aucune preuve objective pour affirmer que cela pourrait
leur être nuisible. (Kirkpatrick, 1987)
Un droit aux origines
Mythe :
Faits :
(voir récemment l'article : la vie ordinaire
des enfants de parents homosexuels de Pascale Krémer - Le Monde
daté du samedi 28 octobre 2000 - Stéphane Nadaud a soutenu,
le 10 octobre, à l'université Bordeaux-II, une thèse
de médecine intitulée "Approche psychologique et comportementale
des enfants vivant en milieu homoparental") |