 |
Elisabeth Guigou :
Le Figaro 15 Juin 1998
"en aucun cas, le Pacte civil de solidarité n'avait
pour objet ni pour effet de modifier le droit régissant
l'adoption"
Renaud Muselier
Le Nouvel Observateur - N°1859
RPR (Bouches-du-Rhône)
" Autant je peux comprendre que les homosexuels puissent
désirer un enfant, autant je ne le trouve pas souhaitable
pour les enfants. Ceux-ci ont besoin de référents.
Depuis toujours, un couple, c'est un papa et une maman. Si
ça marchait, les homosexuels pour faire des enfants,
ça se saurait ! N'ajoutons pas un handicap à
l'enfant. "
Christine Boutin
Le Nouvel Observateur - N°1859
UDF (Yvelines)
" Pour avoir un enfant, il faut une mère et un
père, or chez les couples homosexuels cette mixité
n'existe pas. L'application du Pacs a créé de
nouvelles tentations. Si Elisabeth Guigou ne voulait pas accorder
la possibilité aux pascsés d'adopter un enfant,
il aurait fallu l'inscrire dans la loi. J'ai beaucoup de mal
à penser qu'un couple homosexuel apporte autant de
garanties qu'un couple hétérosexuel. L'homosexualité
est une façon de vivre. Ce n'est pas parce que l'on
s'aime qu'on peut adopter un enfant. "
François Abadie
Le Nouvel Observateur - N°1859
radical (Hautes-Pyrénées)
" Je suis le seul à gauche à avoir eu le
courage de voter contre le Pacs et de signer la pétition
de Renaud Muselier. Je sauve l'honneur de ma famille politique
en la matière. Je suis un adversaire déterminé
du Pacs et de ses conséquences. Je ne peux pas être
favorable à ceux que j'appelle les fossoyeurs de l'humanité,
ceux qui n'assurent pas l'avenir : les homosexuels. C'est
contraire à la normale, et il y a un danger permanent
pour les garçons de pédophilie. La normale,
c'est faire des gosses. Je voterai à nouveau contre
toute loi qui permettrait aux homosexuels d'élever
des enfants. Et si la gauche laissait la liberté de
vote à ses élus, on verrait que je ne suis pas
le seul à penser ça. "
Roselyne Bachelot
Le Nouvel Observateur - N°1859
RPR (Maine-et-Loire)
" Depuis que le monde est monde, les homosexuels peuvent
aussi être des parents. Cette parentalité est
souvent niée, de façon grave et injuste, quand
des parents sont privés du droit de garde parce qu'ils
sont homosexuels. La priorité est, me semble-t-il,
de lutter contre ces comportements discriminatoires. De même,
il est urgent de donner des droits aux parents sociaux, toutes
ces personnes, homosexuelles ou non, qui élèvent
les enfants de leur compagnon et qui n'ont aucun droit en
cas de séparation. Quant à l'adoption, je tiens
à préciser que personne ne peut avoir de "droit"
à l'adoption. Le seul qui ait des droits dans l'histoire,
c'est l'enfant adoptable. Comme il y a plus de parents demandeurs
que d'enfants adoptables en France, des commissions doivent
choisir les familles pour les enfants. On n'a jamais démontré
que les homosexuels étaient de plus mauvais parents
que les autres. Mais il me paraît prématuré,
dans le contexte d'homophobie actuel, de légiférer
sur l'adoption par les couples homosexuels. Peut-on en connaissance
de cause faire subir cette homophobie à ces enfants
? "
Raymonde Le Texier,
Le Nouvel Observateur - N°1859
députée PS du Val-d'Oise :
" La parentalité doit être dissociée
de l'homosexualité et de l'hétérosexualité
des parents. Homosexuels ou hétérosexuels, les
droits parentaux demeurent. Le rôle du législateur
est de veiller à l'évolution de la société
; il doit prendre acte des transformations des mentalités.
"
Jean-Pierre Michel
L' Express 7 Octobre 1999
MDC (Haute-Saône)
" Aucune étude n'a encore prouvé qu'un
enfant était moins heureux et moins épanoui
au sein d'un couple homosexuel. Et l'argument de l'opposition
consistant à dire qu'un enfant élevé
par des homosexuels a toutes les chances de devenir lui-même
homosexuel est plus que ridicule. Comme l'a souligné
la décision du tribunal de Besançon (voir l'article
" L'état du droit ", p. 18), l'essentiel
est l'intérêt de l'enfant. Nous devons adapter
notre législation sur l'adoption à l'évolution
de notre société : il est illogique que les
célibataires puissent adopter des enfants, alors que
les couples issus du Pacs n'en ont pas la possibilité.
"
André Labarrère
Député maire PS de Pau
L' Express 7 Octobre 1999
J'affirme depuis toujours que je suis contre le mariage des
homosexuels: je ne vois pas la nécessité de
singer les autres. Mais je comprends le besoin d'enfant des
couples homosexuels, même si je n'ai jamais ressenti,
pour ma part, d'instinct paternel. Le fait qu'il y ait deux
papas ou deux mamans me préoccupe, et je crois qu'il
faut prendre toutes les garanties nécessaires, en cas
d'adoption. Mais je ne vois pas pourquoi deux hommes ou deux
femmes n'apporteraient pas autant d'affection à un
enfant qu'un couple hétérosexuel. Par rapport
au nombre croissant de familles monoparentales, je trouve
que c'est plutôt un moindre mal.
Yves Cochet
Député Vert, vice-président de l'Assemblée
nationale
L' Express 7 Octobre 1999
Sur le fond, je n'y suis pas défavorable - l'exemple
des Pays-Bas montre que les choses peuvent bien se passer.
Elisabeth Guigou nous a toujours dit qu'avant la fin de la
législature une loi transformerait le Code de la famille
de manière à l'améliorer: pour la ministre,
il fallait absolument distinguer le Pacs, une avancée
sociétale pour les concubins, les homosexuels et les
malades du sida notamment, de tout ce qui concernait la filiation.
Cela dit, il est clair que, lorsque ce débat-là
viendra devant l'Assemblée, les députés
Verts se battront pour que les couples homosexuels aient les
mêmes droits que les autres en matière d'adoption.
Mais, si l'on veut que le gouvernement avance sur ce sujet,
il faudrait que le Pacs soit un succès... ???
Catherine Tasca
L' Express 7 Octobre 1999
Députée socialiste, présidente de la
commission des Lois de l'Assemblée nationale
Nous avons fait un choix politique avec le Pacs, qui consiste
à ne pas ouvrir de droits spécifiques en ce
qui concerne l'adoption: elle reste régie par le droit
général. J'estime que cette question, qui est
une question de société lourde et complexe,
demandera du temps avant d'être abordée avec
un autre regard. Mon souci était que le Pacs, que je
défends depuis le début, soit adopté
dans les meilleurs délais par le Parlement. Or, introduire
dans le débat la question des droits spécifiques
pour l'adoption par les couples homosexuels aurait été,
je le pense, un obstacle durable à l' adoption du texte,
ce qu'il fallait à tout prix éviter.
Patrick Devedjian
L' Express 7 Octobre 1999
Député RPR des Hauts-de-Seine
Un enfant a besoin de l'opposition des sexes pour se construire,
se structurer par rapport à autrui. Un homme et une
femme sont différents; ils ont des conflits qui aident
les enfants à prendre conscience de la différence
des sexes. Il suffit de voir que le rapport avec la mère
n'est pas le même que celui avec le père. Cela
dit, les homos sont parfaitement capables d'élever
des enfants et le procès de Johnny [l'enfant martyr
des Vosges] montre qu'un couple hétérosexuel
peut être constitué de parents indignes. La loi
doit suivre les moeurs, et non les précéder.
Jean-François Mattei
L' Express 7 Octobre 1999
Député DL des Bouches-du-Rhône, auteur
de la loi sur l'adoption de 1996
Un enfant (article 7 de la Convention internationale des droits
de l'enfant) a le droit d'avoir un père et une mère.
Dès lors que cette situation naturelle n'est pas respectée
(décès, abandon...), la société
doit lui donner un père et une mère, donc des
parents adoptifs. C'est la priorité des priorités.
Je ne suis pas formellement opposé à ce qu'un
enfant soit élevé par deux hommes ou deux femmes
(si l'un des deux est son parent). Mais qu'on ne laisse pas
croire à un enfant qu'avoir deux pères ou deux
mères, ça équivaut à avoir un
père et une mère. Quand un Etat confie par adoption
un enfant, il y a un contrat moral entre la société
et l'enfant; la société est comptable. Le principe
de précaution est de rigueur. Imaginez un enfant, devenu
adulte après avoir été élevé
par un couple homo, qui serait jugé pour meurtre ou
viol: son avocat dira qu'il n'a eu aucun repère anthropologique.
La société ne peut être responsable d'une
telle situation. Eu égard à notre culture, à
notre modèle anthropologique, dans nos sociétés
occidentales, nous n'avons pas le droit d'innover au détriment
de l'enfant. Une grande partie de la majorité de gauche
refuse l'adoption par les homos. Mais elle défend un
statut juridique, avec le Pacs, qui s'appliquera aux hétéros
comme aux homos et elle ouvre la porte à une décision
de la Cour européenne des droits de l'homme qui dira:
même statut juridique, mêmes droits, que le couple
soit homo ou hétéro.Un enfant a besoin de l'opposition
des sexes pour se construire, se structurer par rapport à
autrui. Un homme et une femme sont différents; ils
ont des conflits qui aident les enfants à prendre conscience
de la différence des sexes. Il suffit de voir que le
rapport avec la mère n'est pas le même que celui
avec le père. Cela dit, les homos sont parfaitement
capables d'élever des enfants et le procès de
Johnny [l'enfant martyr des Vosges] montre qu'un couple hétérosexuel
peut être constitué de parents indignes. La loi
doit suivre les moeurs, et non les précéder.
|